CARNET DE VOYAGE >> Jour après jour / semaines 7 et 8
Jour après jour / semaines 7 et 8
Du 17 au 30 novembre

Le 17, après avoir aperçu l’Everest au détour d’un chemin, nous arrivons à Namche. 3440 m d’altitude. Une ville. De la lumière, des maisons, beaucoup d’étrangers. Il y a même Internet et le téléphone. Comme nous avons pu nous en rendre compte au fur et à mesure de notre ascension, les prix, eux aussi, grimpent. Une heure d’Internet coûte ici dix fois plus cher qu’à Katmandou (0.60 € dans la capitale, 6 € ici). Le prix de la minute de téléphone explose : de 0.06 € en moyenne elle passe à 1 €.

Nous restons ici une journée supplémentaire. Pour nous acclimater à l’altitude. Nous reposer aussi. Nous en profitons pour revoir Michèle et Vincent, un couple de Français rencontré en chemin. Dans la journée, nous montons au dessus de Namche, pour nous préparer à la suite.

Au fur et à mesure de notre ascension, la végétation se fait plus rare. La faune change elle aussi. Les yacks succèdent aux vaches, les chèvres sauvages aux chèvres domestiques. Nos distances ne se mesurent pas en kilomètres mais en dénivelés. Comme en plongée, nous devons progresser par paliers. Attentifs aux symptômes du mal des montagnes, nous surveillons notre santé de près. Chaque année, des trekkeurs imprudents perdent la vie, victimes de ce mal.

Les nuits sont fraîches : il fait jusqu'à -6 ou -8° C dans la chambre. A cause de l'altitude, nous mettons de plus en plus de temps à trouver le sommeil. Nous passons plusieurs nuits à plus de 4000 m.

Le 22 novembre, nous sommes à Lobuche, 4950 m, dernière étape avant le Kala Pattar. En début d'après-midi, nous poussons jusqu'à 5050 m pour nous acclimater. L'état de santé de Michel se dégrade rapidement : gonflement du visage et des mains, picotements, maux de tête. Une redescente d'au moins 400 m s'impose pour éviter que son état n'empire. Krishna, notre guide, l'accompagne jusqu'à Pheriche, à 4200 m d'altitude, ou le rejoint Nima, l'un de nos porteurs.

Dans la soirée, Krishna me retrouve à Lobuche. Outre des petits maux de tête passagers, rien à signaler de mon côté. Le 23 novembre, après avoir passé une nuit à une altitude supérieure à celle du Mont Blanc, Krishna et moi commençons notre journée de marche à 6h. Vers 11h, au terme d'une lente ascension, nous atteignons le sommet du Kala Pattar. Face à nous, l'Everest, 8848 m, mais aussi le Lhotse, 8516 m, ainsi que de nombreuses montagnes dépassant les 7000 m. En effet, le Népal compte 10 des 14 sommets les plus hauts du monde. Neiges éternelles, glaciers, paysages verticaux. Une beauté glaciale, à couper le souffle.

Puis la redescente. En début de soirée, après une journée de 10h de marche, nous rejoignons Michel à Pheriche. Nous sommes rassurés de le retrouver en meilleure santé. La redescente est plus rapide que l'ascension, et le 27, avec deux jours d’avance sur notre programme, nous décollons de Lukla pour Katmandou.

Fatigués, mais heureux de retrouver le 'plancher des vaches', plus favorable que celui des yacks. Nous retrouvons Katmandou, sa poussière et son bruit, intacts, voire plus denses. Nous mettons à profit ces deux dernières semaines pour compléter nos reportages et préparer les conférences que nous réaliserons à notre retour. La France n'est plus très loin. Là-bas, d'autres sommets à conquérir, plus immatériels que ceux de l'Himalaya, nous attendent.